L’Art est une Rivière souterraine

L’Art, c’est tomber dans le puits. C’est une rivière souterraine… A l’intérieur de vous-même.

 

L’art, c’est régler et tomber dans le puits. C’est comme si toutes les histoires, la peinture, la musique, les spectacles du monde vivaient juste en dessous de la surface de notre conscience normale. Comme une rivière souterraine, ils coulent en nous comme un courant d’idées que nous pouvons exploiter. En tant qu’artistes, nous nous laissons tomber au fond du puits, dans le courant. Nous entendons ce quis e passe là-dessous et nous agissons dessus – plutôt comme si nous faisions une dictée et non pas des choses fantaisistes relatives à l’art.

Voici le passage de Julia Cameron qui m’a définitivement fait basculer.

J’adore. L’Art est caché à l’intérieur de soi.

Nous avons juste besoin de nous autoriser à l’exprimer.

grotte-de-trabuc-Lac-de-Minuit-et-gours-2

Crédit photo MontpellierTourisme.fr

 

Les blessures qui vous empêchent de vous révéler

Des fois, je rigole un peu dans ma tête – je rigole jaune, hein, ça me fait moyennement rire en fait – quand je vois le rapport des personnes avec qui je discute avec la notion d’artiste.

Ils ne peuvent pas se sentir artistes, car ils ne sont pas “assez”.

Ça prend différentes formes selon leur degré de manque de confiance en soi ou les blessures qu’ils ont vécu. Je vous invite d’ailleurs pour traverser vos blessures et en faire une force à consulter le fabuleux travail de Carole Rinaldi.

 

Oui, je sais, elle s’adresse aux femmes… au début. Vous allez vite vous rendre compte qu’elle définit en fait des profils qui vont vous permettre de mieux comprendre comment vous fonctionnez, et surtout, comment cette façon de voir le monde vous font réagir de telle ou telle façon à une situation. Allez, soyez chouettes, ne vous arrêtez pas à ça. Prenez le temps d’écouter, d’identifier et de traverser vos émotions. Ecoutez jusqu’au bout, c’est un vrai cadeau cette discussion. Et faites l’exercice.

Blessures

Observez-vous, Ecoutez-vous, et décidez de Vous choisir.

 

Une légitimité qui vient de l’intérieur.

Pour moi, ce passage de Julia Cameron a été une révélation. Ainsi la technique ne fait pas tout. Ainsi, même si je n’ai pas fait les Beaux Arts, ou suivi des cours dans de fabuleuses académies des Arts, j’aurais le droit de créer. De m’exprimer à travers l’Art, voire, de devenir Artiste.

Quand je me suis intéressée à la photo, dans l’optique de devenir photographe-auteur, j’ai pris peur. La photo est aujourd’hui devenue tellement banale et accessible, que je me suis dit que je ne me permettrai jamais de vouloir me démarquer des autres en m’auto-proclamant artiste photographe.

Trop de concurrence, trop d’amateurs si doués, trop de photos dormant sur les ordinateurs, trop, trop…

La vérité, c’est que j’aurai pu en fait. Si faire de la photo avait été poussée par un Élan intérieur. Je m’explique: j’aime la photo, j’adore ça, cela a du sens pour moi, j’aime regarder des clichés et admirer la patience de ceux qui les ont pris, j’aime découvrir des fragments de Temps, d’Instants, d’Espace. J’aime dérober à la vie qui découle furieusement des moments de Grâce et me rappeler combien nous sommes chanceux d’être en Vie. C’est un véritable bonheur. J’aime aussi prendre des photos. Me laisser inspirer par un lieu, une personne, une ambiance et essayer de l’exprimer en un instantané. J’adore ça.

Mais je n’étais pas assez passionnée. Je n’avais pas envie de grandir avec la photo. Je me suis ennuyée à regarder des tutos qui expliquaient avec des termes techniques des histoires de focales, de vitesse etc. J’ai péri d’ennui dans des discussions sans fin avec des amateurs passionnés ou des professionnels hilares en débattant des options de leurs appareils. Cela tue ma propre créativité. Ma passion vient de l’intérieur, certes, mais ce n’est pas assez flow pour que j’y consacre mon temps, mon énergie, mes pensées, mon argent, la totalité de mes ressources.

L’Art, plus général, lui m’attire de cette façon là.

 

Ballerine d’Art

C’est encore un peu timide, bien sûr. Je suis une jeune débutante en chaussons de ballerine, impatiente de m’y mettre, innocente encore, qui rêve de pouvoir enfin donner libre cours à sa propre danse.

ballerine-enfant-

Crédit photo CDiscount

 

Parfois dans mon entourage, qui créé beaucoup, j’ai encore des rechutes, des remontées de puits très violentes à la façon de ces cordes de parachute qui se tendent après la chute libre et qui me rappellent combien je suis encore fragile dans mon flow. Il y a tant de gens qui créent, et qui parfois font des choses qui sont tellement belles…

Mais le livre de Julia Cameron n’est jamais loin. Je le relis encore et encore et parfois, je me force au bilan. Je regarde ce que je suis prête à mobiliser comme ressources pour peindre ou filer le verre (temps, énergie, pensées, argent). Je compte parfois les heures passées à lire, me documenter, regarder des tutos, expérimenter…

Je m’efforce de rester sur un thème, un domaine, pour mieux l’explorer et ne pas partir dans tous les sens. C’est mieux.

C’est bien ma juste place.

 

Le Flow

La vérité, c’est que de toute façon, la Rivière m’y pousse. Quand j’ai passé une semaine sans peindre, cela se rappelle à moi comme une urgence. Ça commence à faire du bruit dans ma tête. Et puis le bruit s’intensifie, l’urgence m’agite, elle glisse dans mes doigts, et je n’ai plus qu’une envie, m’y mettre.

Je crois profondément à cette rivière pleines d’ondes bienveillantes à l’intérieur de moi.

C’est une rivière d’une douce chaleur, dans laquelle j’ai l’impression de me baigner quand je sors mes tubes de peinture, un doux chuchotement qui gicle jusqu’à mon oreille, une main douce qui me prend par la taille pour me placer devant la toile.

Ce temps est le tien. Laisse le monde, créé le tien. Offre le.

Le Flow est là. C’est mon moment préféré. Il n’y a plus ni temps, ni espace, ni durée. J’en perds toute notion. Il n’y a plus que moi, et l’Art.

Je ne suis pas une Artiste qui décide, qui indique, qui dépêche, qui ordonne.

Je rentre dans un dialogue paisible avec mes couleurs, j’explore, j’essaie, c’est moche, je recommence, je danse, nous dansons, les couleurs et moi, sur un support.

Je raffole de cette danse.

Je ressors de ces temps de créations apaisée, sereine, réconfortée.

 

Peindre

Crédit photo: fr.123rf

 

Artiste, c’est juste un mot..

Je ne suis pas une artiste parce que je m’auto-proclame artiste. Ce ne sont que des mots.

Moi, je suis poussée par des émotions, des ressentis, des actes.

Je suis juste tombée dans le puits.

J’ai l’impression d’avoir été Choisie.

Et pour la première fois, cette contrainte que l’on m’impose, je la déguste avec délice. Parce que c’est une co-création. Et que j’en suis aussi l’Actrice.

Je participe à.

Un support d’expression, davantage, une connexion un peu spirituelle.

Ce n’est pas une atteinte à ma Liberté, c’est une célébration de ma Liberté.

 

On discute? Parlez moi de votre rivière souterraine…

Partagez l'article:
  •  
  •  
  •